Flamenco : canto, baile y toque

Publié le par AnA RUIZ CASTRO

DOSSIER:

Flamenco : canto, baile y toque
CANTE
FLAMENCO

Salió la tal Preciosa, la más única bailadora que se hallaba en todo el gitanismo, y la más hermosa y discreta que pudiera hallarse, no entre los gitanos, sino entre cuantas hermosas y discretas pudiera pregonar la fama.

Ce passage du conte que Miguel Cervantès intitula « La Gitanilla »- paru dans le recueil Novelas Ejemplares en 1613- met à jour les influences gitanes qui figurent dans l’héritage musical du flamenco. Venus d’Europe de l’Est rechercher un climat plus doux, les premiers gitans se sont établis en Espagne dès le XVème siècle. Mais les chants monocordes islamiques issus de l’Espagne maure ont également nourri le genre musical, ainsi que les mélodies andalouses, inspirées du chant byzantin et des racines juives séfarades…A la croisée de toutes ces influences, le flamenco s’est établi en Andalousie, et plus particulièrement entre Cadix, Triana et Xérès, aux alentours du XVIIIème siècle.

Non moins floue et mystérieuse, l’étymologie du terme flamenco suscite encore des controverses entre les ‘flamencologues’ contemporains. Blas Infante (le père de l’Autonomie andalouse) a évoqué dans son livre Origines du flamenco l’expression arabe « fellah mengus », paysant errant, qui ferait référence à l’arrivée des gitans dans l’Espagne maure. D’autres auteurs, comme Antonio Machado, ont rappelé que les gitans surnommaient les andalous les « gachós » tandis que ceux-ci interpellaient les premiers les flamencos, sans que l’explication de cette dénomination nous soit connue. D’autres encore relèvent que le terme flamenco serait une survivance de l’argot employé entre la fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème, pour cataloguer tout se qui apparaissait ostentatoire prétentieux ou fanfaron…

Il est intéressant de noter que les prémices du flamenco remontent au ‘toná’, qui ne concerne que le canto- ni la guitare, ni la danse ne remontent aussi loin.

Mais ce n’est véritablement qu’à la fin du XIXème siècle que le flamenco acquiert place à part entière dans le paysage musical espagnol, en témoignent la première Collection de chants flamenco établie par Demófilo en 1882 (qui recense plus de deux siècles de ‘letras’, textes des cantos), mais surtout l’ouverture du premier Café chantant à Séville, par le maître d’ascendance italienne, Silverio Franconetti. Le flamenco se professionnalise.

C’est la crainte de cette expansion qui puisse aboutir à la commercialisation du genre musical qui pousse les tenants de la préservation de « lo puro » à organiser le premier concours de chant à Grenade, en 1922.Pour que le flamenco reste un genre populaire, cantonné à la région andalouse, la seule exigence faite aux participants était d’être inconnus, et non issus des Cafés sévillans… Ce qui n’empêcha pas que Madrid devienne dès le début du XXème siècle le centre du canto. Le théâtre Pavón, rue des Embajadores, institue le prix Pavón, sous l’impulsion de Manuel Vellejo. Avec les « Operas flamencas » qui, dans les années cinquante, s’ouvrent à un public toujours plus nombreux en se produisant dans les arènes, le genre musical se fait connaître hors des frontières espagnoles.La création d’une chaire de flamencologie à Xérès en 1958 consacre le flamenco comme genre musical institué. Les festivals (dont le premier est le « Potaje gitano » de Utrera) représentent un nouveau tournant pour le flamenco. Ce sont notamment la Biennale de Séville, qui se déroule de septembre à octobre des années paires depuis 1980, mais aussi le Festival de Nîmes (en ce moment, jusqu’au 29 janvier 2006) qui ont pris le relais.

Qu’en est-il du flamenco actuellement ? Loin de s’évanouir, le genre se renouvelle à travers d’expériences foisonnantes, permises grâce à l’impulsion décisive de Camarón de la Isla en 1979. L’artiste a en effet intégré dans « La légende du temps » de nouveaux chanteurs, une batterie, et des claviers. Les artistes contemporains lui surent gré de cette innovation, en lui décernant à titre posthume la quatrième Llave de Oro del Cante. Manuel Molina a quant à lui remit le garrotín au goût du jour, en mêlant des accents rock à cette danse populaire. Enfin, le succès planétaire des jeunes de « Pata negra » laisse penser que le flamenco n’est peut-être qu’à ses débuts, qui sait ?

Juliette DELATTRE

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Publié dans EL ARTE Flamenco

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