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Centre Culturel
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FRANCIA
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EL BOLETIN
Página de noticias de la Asociación Plaza Mayor
de “La Maison de l'Espagne”,
Association Loi 1901 sans but lucratif
Bulletin quotidien d'information indépendant et bilingue
Date de Création Domingo 1 de Enero de 2006
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Hymne national d'Espagne : Marcha real
Cette étude contient 60 pages et a été réalisée par Cédric PIZEPAN. Elle est consultable sur demande à la Maison de l'Espagne. Pour plus d'informations, veuillez consulter la page "Musique" du site www.maison-espagne.com ou contacter son Auteur au 06.83.23.67.51 ou 04.92.45.16.99.
Voici un sommaire détaillée du Mémoire :
"Le Flamenco dans le Grand Sud de la France, état des lieux, origines et influences".
INTRODUCTION
I. GITANS ET ANDALOUS : HISTOIRE ET DYNAMIQUE D’UNE CONFRONTATION IDENTITAIRE
1. La construction de l’ « objet gitan »
1,1. La tziganologie
1,2. La gitanologie
1,3. La sociologie et l’ethnologie des Gitans
2. Une approche relationnelle
2,1. L’objet « gitan du triangle flamenco »
2,2. Le faible contenu de l’identité gitane
2,3. Aspects théoriques de la construction identitaire
2,4. La stratégie identitaire
2,5. La structure de la construction identitaire
3. L’identité andalouse
3,1. Un objet « oublié »
3,2. Le double regard sur l’identité andalouse
II. HISTOIRE ET FLAMENCO : CONTROVERSES ET STRATEGIES IDENTITAIRES
1. La préhistoire du flamenco
1,1. Les thèses ethniques
1,2. Les thèses sociales
2. L’histoire du flamenco
2,1. L’émergence du flamenco comme spectacle
2,2. Le « grand sauvetage »
3. Flamenco et instrumentalisation de l’histoire
3,1. Les alliances stratégiques
3,2. Le concept de mémoire/souffrance
III. LA TRADITION FLAMENCA : CONVERGENCES ET DIVERGENCES IDENTITAIRES
1. L’origine ancienne
2. Le lien avec le contexte culturel
3. Sens et efficacité
4. Styles et esthétique
5. Retour sur la notion de tradition
IV. L’ « OBJET FLAMENCO » ET LES STRATEGIES D’INCLUSION/EXCLUSION
1. Les limites musicologiques
1.1. L’évolution des formes
1,2. La classification des formes
1,3. L’ hybridation
2. Les limites territoriales
2,1. L’universalisation du flamenco
2,2. Flamenco et France
2,3. La territorialisation du flamenco
3. Eléments pour une construction anthropologique du flamenco
V. LES PRATIQUES FLAMENCAS : RITUELS IDENTITAIRES ET CONFRONTATIONS SYMBOLIQUES
1. Les pratiques intimes
1,1. Les fêtes familiales gitanes
1,2. Les fêtes musicales masculines
2. Les pratiques publiques
2,1. Les fêtes cycliques
2,2. Les spectacles de flamenco
CONCLUSION
ANNEXE
LEXIQUE DES MOTS EN ESPAGNOL
BIBLIOGRAPHIE
DOSSIER:
Flamenco : canto, baile y toque
CANTE
FLAMENCO
Salió la tal Preciosa, la más única bailadora que se hallaba en todo el gitanismo, y la más hermosa y discreta que pudiera hallarse, no entre los gitanos, sino entre cuantas hermosas y discretas pudiera pregonar la fama.
Ce passage du conte que Miguel Cervantès intitula « La Gitanilla »- paru dans le recueil Novelas Ejemplares en 1613- met à jour les influences gitanes qui figurent dans l’héritage musical du flamenco. Venus d’Europe de l’Est rechercher un climat plus doux, les premiers gitans se sont établis en Espagne dès le XVème siècle. Mais les chants monocordes islamiques issus de l’Espagne maure ont également nourri le genre musical, ainsi que les mélodies andalouses, inspirées du chant byzantin et des racines juives séfarades…A la croisée de toutes ces influences, le flamenco s’est établi en Andalousie, et plus particulièrement entre Cadix, Triana et Xérès, aux alentours du XVIIIème siècle.
Non moins floue et mystérieuse, l’étymologie du terme flamenco suscite encore des controverses entre les ‘flamencologues’ contemporains. Blas Infante (le père de l’Autonomie andalouse) a évoqué dans son livre Origines du flamenco l’expression arabe « fellah mengus », paysant errant, qui ferait référence à l’arrivée des gitans dans l’Espagne maure. D’autres auteurs, comme Antonio Machado, ont rappelé que les gitans surnommaient les andalous les « gachós » tandis que ceux-ci interpellaient les premiers les flamencos, sans que l’explication de cette dénomination nous soit connue. D’autres encore relèvent que le terme flamenco serait une survivance de l’argot employé entre la fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème, pour cataloguer tout se qui apparaissait ostentatoire prétentieux ou fanfaron…
Il est intéressant de noter que les prémices du flamenco remontent au ‘toná’, qui ne concerne que le canto- ni la guitare, ni la danse ne remontent aussi loin.
Mais ce n’est véritablement qu’à la fin du XIXème siècle que le flamenco acquiert place à part entière dans le paysage musical espagnol, en témoignent la première Collection de chants flamenco établie par Demófilo en 1882 (qui recense plus de deux siècles de ‘letras’, textes des cantos), mais surtout l’ouverture du premier Café chantant à Séville, par le maître d’ascendance italienne, Silverio Franconetti. Le flamenco se professionnalise.
C’est la crainte de cette expansion qui puisse aboutir à la commercialisation du genre musical qui pousse les tenants de la préservation de « lo puro » à organiser le premier concours de chant à Grenade, en 1922.Pour que le flamenco reste un genre populaire, cantonné à la région andalouse, la seule exigence faite aux participants était d’être inconnus, et non issus des Cafés sévillans… Ce qui n’empêcha pas que Madrid devienne dès le début du XXème siècle le centre du canto. Le théâtre Pavón, rue des Embajadores, institue le prix Pavón, sous l’impulsion de Manuel Vellejo. Avec les « Operas flamencas » qui, dans les années cinquante, s’ouvrent à un public toujours plus nombreux en se produisant dans les arènes, le genre musical se fait connaître hors des frontières espagnoles.La création d’une chaire de flamencologie à Xérès en 1958 consacre le flamenco comme genre musical institué. Les festivals (dont le premier est le « Potaje gitano » de Utrera) représentent un nouveau tournant pour le flamenco. Ce sont notamment la Biennale de Séville, qui se déroule de septembre à octobre des années paires depuis 1980, mais aussi le Festival de Nîmes (en ce moment, jusqu’au 29 janvier 2006) qui ont pris le relais.
Qu’en est-il du flamenco actuellement ? Loin de s’évanouir, le genre se renouvelle à travers d’expériences foisonnantes, permises grâce à l’impulsion décisive de Camarón de la Isla en 1979. L’artiste a en effet intégré dans « La légende du temps » de nouveaux chanteurs, une batterie, et des claviers. Les artistes contemporains lui surent gré de cette innovation, en lui décernant à titre posthume la quatrième Llave de Oro del Cante. Manuel Molina a quant à lui remit le garrotín au goût du jour, en mêlant des accents rock à cette danse populaire. Enfin, le succès planétaire des jeunes de « Pata negra » laisse penser que le flamenco n’est peut-être qu’à ses débuts, qui sait ?
Juliette DELATTRE
Les chants les plus remarquables relèvent d’une culture privée créée et préservée dans quelques douzaines de familles gitanes de la zone Séville-Jerez-Cadix. Sédentarisées au 17ème siècle, ces familles ont ensuite fortement souffert de persécutions, dans une région très surveillée parce qu’exposée et sensible. Elles se constituèrent une double culture – culture de la souffrance, culture de la joie, sur laquelle leur identité gitane pouvait prendre appui, alors qu’il leur était par ailleurs interdit ne serait-ce que de se désigner eux-mêmes comme gitans. Il s’agissait pour l’essentiel d’une culture interne sans vocation initiale à être commercialisée.
Les chants de la souffrance et de la plainte constituent le cante jondo (ou « chant profond ») et forment trois groupes : les tonás, chantées sans guitare, relevant d’un fonds ancien, et dont subsiste une dizaine; les siguiriyas, chants de la douleur à la fois déployée et dominée, dont il existe trois douzaines,
et les soleáres, chants oscillant entre chagrin et mélancolie, dont on possède une cinquantaine. Ces deux derniers groupes de chants se répartissent dans un paysage géographique et familial maintenant bien connu au sud de Séville.
Les chants de la joie les plus anciens sont les tangos, largement éclipsés aujourd’hui par les bulerías, dont la floraison est inépuisable. S’y ajoutent, dans les mariages gitans célébrés en privé, les alboreás et, dans des réjouissances plus publiques, les cantiñas, romeras et alegrías. Ce domaine festif est volontiers ouvert à la danse, alors que, dans les chants de la douleur, celle-ci intervient peu.
Le versant andalou du cante se présente très différemment. Il vient pour l’essentiel d’un héritage de chants et danses folkloriques centré sur le fandango, chant à danser basé sur un rythme rapide à trois temps et dont il existe d’innombrables variétés locales. À partir de 1850 environ, ces fandangos ont été ralentis, et mis au service de l’expression d’émotions plus maîtrisées que celles exprimées par les chants gitans.
Cette dualité de répertoires se double d’une dualité de styles d’interprétation : plus intense, violent, déchirant, volontiers rauque du côté gitan ; plus maîtrisé, dominé et soucieux de plaire du côté andalou.
Juliette DELATTRE
La création des différents genres est due aux manières variées de s'exprimer musicalement que l'on rencontre dans chaque région d'Andalousie. C’est la raison pour laquelle l’étude de ce que l’on appelle lo jondo permet de procéder à une classification par provinces.
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